REDÉFINIR LES IDÉES

Présenté en 2015 au Centre culturel Pauline-Julien (Trois-Rivières, Québec)

"La série d’estampes présentée est le fruit d’une collaboration avec les gens des organismes Point de Rue, Toit JEF et Centretien Nicolet et régions. J’ai eu une série d’entrevues individuelles, en deux parties, avec ces personnes. Chaque entrevue avait une thématique choisie par l’interviewé(e) : le bonheur, la liberté ou l’identité, thèmes que je juge abondamment utilisés par la publicité. Mon but était d’abord que les participant(e)s me communiquent leur réflexion à propos d’énoncés publicitaires contenant ces idées, puis de mener à une interrogation sur le sens qu’ils ou elles donnent à ces mots."

Extrait du communiqué de presse : "L’exposition Redéfinir les idées se compose d’une série d’impressions numériques de grand format; des portraits, inspirés par des entrevues [que l'artiste] a menées. C’est dans le cadre de sa démarche de recherche/création qu’elle a lié connaissance avec ces personnes, toutes rencontrées par l’intermédiaire de l’organisme communautaire Point de rue. Différents échanges, différentes personnes, différents points de vue, un même sujet – la publicité – abordé sous l’angle de trois de ses thématiques majeures : la liberté, le bonheur et l’identité."

 

SANS JAMAIS DIRE un MOT

Présenté en 2015 à la Galerie d'art du Parc (Trois-Rivières, Québec)

"Il s'agit ici d'une oeuvre conçue pour le projet Ferme ta boîte. J'ai simplement choisi un énoncé publicitaire qui me semblait absurde ("Amorcez la conversation sans dire un mot"), en montrant la réaction qui me semblait la plus juste...

Le projet Ferme ta boîte a été exposé à la Galerie d'art du Parc ; quelque 400 boîtes envoyées par des artistes de tous les continents étaient présentée. Le tout sera également exposé en Belgique, et peut-être en Serbie et en France.

Pour davantage d'information sur le projet Ferme ta boîte (dont j'assurais la coordination) et avoir accès à toutes les oeuvres, consultez le blogue Ferme ta boîte."

 

Conversation #1

Présenté à la Biennale internationale d'estampe contemporaine de Trois-Rivières en 2015, à l'Ancienne gare ferroviaire de
Trois-Rivières (Québec)

"Le projet que je présente est un ensemble de bandes de différentes hauteurs, dont chaque division porte un slogan publicitaire. Chaque bande représente une catégorie différente d’énoncés, sauf la quatrième et la dernière, qui ne contiennent qu’une phrase. De gauche à droite (se référer au montage présenté), elles parlent de liberté et d’opportunités ; de la compréhension qu’ont les marchands de nos besoins ; de la prédominance de l’égo ; de l’avidité ; du bonheur. Bien sûr, ce sont des thèmes présents en publicité si j’ai pu y récupérer ces phrases, mais à force de l’analyser constamment, je leur reconnais une place parmi les sujets dominants en publicité, au-delà des produits.

Ce sont également des sujets propres à causer une réflexion ; toutes ces phrases ont à mes yeux un intérêt philosophique. Comment définit-on le bonheur ? Qui et que sommes-nous, et comment le savoir ? Que voulons-nous ? Est-ce nécessaire de recevoir davantage de tout ? Ce sont des questions que je crois qu’on peut se poser à partir du discours publicitaire malgré l’autorité plus ou moins explicite qu’il possède, ou qu’on lui laisse. Qu’on soit d’accord ou non avec cet aspect autoritaire, on conviendra que c’est un discours unilatéral : leurs émetteurs s’attendent à quelque chose de leurs destinataires, mais pas à un échange réel, à un dialogue ouvert. J’ai choisi la forme de la disposition générale de façon à suggérer le rendu visuel d’un son, ou plutôt, dans ce cas-ci, d’une voix : celle de la publicité, ambiante mais souvent ignorée, ou celle du regardeur qui peut intervenir (voir les crayons à mine sous chaque œuvre).

C’est ce à quoi je veux laisser place ici : un dialogue. Malgré toutes les questions que je me pose personnellement, je ne veux pas m’imposer comme guide de cette « conversation », mais plutôt tenir un rôle de support. J’offre ces phrases qui ne sont pas les miennes. Et j’offre un espace d’expression. Si je passe par la sérigraphie plutôt que par l’impression numérique, c’est que cela me semble essentiel que le regardeur perçoive que quelqu’un s’adresse à lui pour qu’il ait envie d’échanger. L’impression numérique me paraît trop impersonnelle.

C’est cette idée d’espace de réflexion qui a guidé mes choix formels. J’ai choisi une couleur froide pour favoriser la réflexion plutôt que l’échauffement des esprits (je ne cherche aucunement à choquer). J’ai employé une esthétique épurée, où seules les phrases, une à une, occupent une partie de l’espace. Le reste ne présente aucun motif, il est prêt à être occupé. J’ai choisi d’utiliser une couleur qui diffère peu du fond pour le texte pour que le regardeur s’en rapproche et entretienne donc une relation un peu plus intime avec l’œuvre, mais aussi pour que son intervention soit plus visible que le texte d’origine. J’ai espoir qu’à force d’interventions multiples, on ne voie plus que le discours des visiteurs, leurs échanges. J’ignore la forme que cela prendra, et c’est ce qui m’intéresse. Je documenterai l’évolution de l’ensemble."