BOnheur garanti (2014)

Présenté en 2014 à l'Espace 214 (Trois-Rivières, Québec) et à la Biennale internationale de Gravure contemporaine de Liège en 2015, au Beaux-Arts Liège (BAL , Belgique)

"La série Bonheur garanti est une tentative d’illustrer les conséquences des inlassables promesses de bonheur produites par les industries publicitaire et commerciale. La publicité promet régulièrement une satisfaction d’ordre social, personnel, professionnel ou autre. Cela génère différentes réactions chez ceux qui se procurent le service ou le produit vanté : plaisir, fierté, déception, frustration… Et ceux qui ne s’identifient pas aux modèles du consommateur proposés par ces annonces, ou qui tentent sans succès de compenser par l’achat un malaise quelconque, on tente de les faire oublier, de « censurer » cette possibilité en affichant encore davantage de sourires rassurants. Après tout, ce n’est généralement pas dans l’intérêt de ceux qui achètent le temps d’antenne…

Mes personnages illustrent ces réactions : l’un est pensif, l’autre rayonnante, l’autre encore est frustré. Selon qu’ils affichent des émotions plus positives ou plus négatives, j’ai placé un bandeau de censure vis-à-vis leurs yeux ou devant leur bouche. Celui ou celle qui a trouvé le bonheur promis par le slogan est sans doute aveugle à certaines conséquences de son achat ou de la raison profonde qui l’a poussé(e) à le faire ; celui ou celle qui n’y est pas parvenu n’a rien à dire qu’on ait tout à fait envie d’entendre ou qui soit aussi plaisant que de se faire rabâcher la garantie du bonheur."

 

ÉPUISEMENT (2014)

Présenté au prix Contraste de l'estampe numérique, à la Galerie contraste, à Fribourg (Suisse)

 

tête d'affiches (2014)

la relève de presse papier s'expose/première partie (avec émilie guilbault)

Présenté en 2014 au Cinéma le Tapis Rouge (Trois-Rivières, Québec)

"La publicité nous invite à voir notre chevelure (entre autres) comme une parure, un artifice modifiable à volonté. Ce qui n'est pas façonné, amplifié ou altéré d'une quelconque façon paraît fade, on ne l'a pas "mis en valeur".

Que perçoit-on d'abord? Une personne ou l'ensemble des artifices déployés? La parure devient-elle un masque?"

 

tu as ce talent (2014)

projet collectif avec pas d'casque (presse papier)

Présenté en 2014 au Centre de diffusion Presse Papier (Trois-Rivières, Québec) et dans la Boutique de l'Atelier Presse Papier (depuis 2014)

Le projet collectif Avec pas d'casque a été réalisé en collaboration avec le groupe du même nom. Chacun des membres participant au projet étaient invités à réaliser une oeuvre à partir des paroles de l'une des chanson du groupe, ou de son univers musical.

 

RACINES (ADIEU!) (2013)

Présenté en 2013 au Hall Gilles-Boulet de l'Université du Québec à Trois-Rivières

"Le code de conduite publicitaire est catégorique sur ce point : tout signe sur votre corps qui puisse révéler votre âge, votre vécu, est à éliminer – une panoplie de produits nous est proposée pour effacer nos rides, nos cheveux gris, nos cernes. Cela révèle une pudeur quant à l’affichage de nos racines, c’est-à-dire par rapport à ce qui construit notre identité physique et psychologique. Si on les considère objectivement, peut-on vraiment dire que les signes de l’âge sont une disgrâce ? Ou pourrait-on apprendre à les voir comme une preuve d’expérience ou des indices sur notre personnalité ?

Dans cette œuvre numérique, c’est le rapport entre les rides, signes visibles de l’évolution d’une personne, et la proscription de celles-ci par le discours publicitaire qui est exposé. L’art se mélange auxcodes de présentation publicitaires : gros plan, lignes dynamiques, regard qui interpelle, présence de texte."

 

TERRItoires parasités (2013)

projet collectif casse-tête territorial (presse papier)

Présenté en 2013 au Centre de diffusion Presse Papier (Trois-Rivières, Québec), en 2014 au Centre culturel Henri-Lemieux (Ville LaSalle, Québec) et en 2015 à l'Atelier de l'Île (Val-David, Québec). 

"La question du territoire peut également se poser à propos de la publicité. Par sa contribution financière aux médias de masse, elle dirige l’information qui y est répandue (l’annonceur peut se retirer, et donc arrêter ses investissements, s’il considère que le contenu porte atteinte à son image). Par son occupation de nombreux espaces d’affichage, son volume à la radio, son interruption des films et émissions à la télévision, elle affirme sa présence ; par la saturation de notre quotidien, elle se fait oublier.

Elle influence ce que nous voyons, ce que nous entendons et ce dont nous parlons, et a un rôle à jouer dans les causes que nous défendons ou la prise de position des médias sur des questions sociales. Son évolution dans le domaine culturel, dans l’imaginaire collectif, dans l’orientation politique de la société et dans la création d’identités se fait donc bien réelle, mais malgré tout discrète.

C’est cela que j’ai tenté d’illustrer sur les quatre pièces en coupant l’oreille, la bouche, les yeux, le poing en les transformant en espaces vacants, où la mention « espace commercial » et des objets de consommation courante, choisis pour leur symbolique, viennent discrètement occuper l’espace."

 

VOTRE CORPS EST LEUR TEMPLE (2013)

"Nous avons aujourd’hui accès à une pléiade de spécialistes et de produits du corps, objet auquel nous sommes invité(e)s à accorder la plus sévère attention. Bombardé(e)s par les conseils concernant nos petits boutons, notre gras en trop, notre digestion et la teinte de nos dents, nous en venons presque à percevoir notre corps comme un habitacle à décorer, à rénover et à vénérer.

Ce que je propose est une série de portraits et de gros plans sur diverses parties du corps, portant chacun un slogan tiré de publicités provenant de différents médias. Je tente de refléter la diversité des moyens mis à notre disposition pour cultiver nos obsessions plus ou moins narcissiques. Certains traduisent un souci superficiel (les cils, la couleur des cheveux) tandis que d’autres en appellent à la santé (digestive, des os), à l’odeur ou aux divers soucis que nous cause notre âge.

Les couleurs sont plutôt fidèles à la réalité ; l’identification du spectateur au personnage représenté est ainsi possible. D’ailleurs, pour renforcer la participation du spectateur et ainsi favoriser un échange entre l’œuvre et lui, la plupart des slogans sont intégrés de façon plus ou moins subtile ; pour les moins observateurs, les textes les plus visibles pourront servir de déclencheur afin qu’ils se mettent à le chercher dans chaque image. L’aspect ludique revêt à mes yeux une certaine importance : dans plusieurs cas, c’est la clé qui permet de réveiller l’attention du spectateur. De plus, l’intégration la plus discrète possible du texte à l’image peut illustrer l’incrustation dans notre réflexion,  des messages (publicitaires ou autres) qui nous sont adressés."

 

Bête chic : la supériorité du regard (2012)

Présenté en 2012 à la Galerie d'art du Parc (Trois-Rivières, Québec)

"Mon projet de fin d’études se veut cohérent avec ma démarche, qui reflète mon intérêt pour les messages publicitaires. Seulement, plutôt que de viser tous ces messages, j’ai resserré ma sélection autour d’un seul sujet : l’importance des apparences comme valeur transmise par la publicité (en tant qu’un des différents facteurs sociaux) et la façon dont cette valeur est transmise. Il n’est pas seulement question de l’apparence en tant que préoccupation esthétique, mais également de ce qu’on sent qu’on doit dégager : les trois portraits proposés sont illustrations, respectivement, de personnalité et de fierté, de bien-être et d’estime de soi, ainsi que de distinction et de bon goût.

Avec les apparences vient également la question du regard. Puisque je m’intéresse à la publicité, c’est de la dominance d’un système de positions sociales, en lien avec le regard, que j’ai voulu exploiter et afficher. C’est donc la relation de comparaison de femme à femme que j’ai tenté d’installer en plaçant les deux portraits de femmes face-à-face, et c’est pour illustrer leur position de « beaux objets » à choisir par l’homme que j’ai accroché, perpendiculaire à elles, le portrait d’un homme affichant fièrement sa supériorité. Jean Baudrillard confirmait mes observations, en parlant d’un modèle de l’exigence et du choix pour l’homme de qualité, et du rôle de la femme qui n’a jamais à entrer en compétition sinon avec les autres femmes, pour mieux plaire à l’homme[1]. Le spectateur, placé au centre de la pièce et pouvant se sentir observé étant donné la force des trois regards, peut se demander ce qu’il doit à son tour laisser paraître.

J’ai choisi de réaliser ce projet en sérigraphie étant donné son usage autrefois réservé à la production d’affiches publicitaires. La grande taille des impressions est l’indice qui peut relier les slogans intégrés aux cheveux, au capuchon et au polo des personnages à la publicité. Les couleurs, elles, sont mimétiques autant que possible : cela facilite l’identification du spectateur au personnage illustré ainsi qu’un éventuel questionnement de sa part."

[1] BAUDRILLARD, Jean, La société de consommation, Paris, Denoël, 1970, p. 144-146.

 

VERTIGE DANS LE VERRE D'EAU (2012)

En présentation à la cafétéria du pavillon Albert-Tessier de l'Université du Québec à Trois-Rivières depuis 2012

"Comme cette œuvre devait s’insérer dans un milieu académique, j’ai cru bon qu’elle reflète autant que possible la réalité, en partie ou dans certains cas en tout, de ceux qui l’animent. Je me suis donc intéressée au stress bien connu des étudiants qui doivent survivre au mélange des études, de la vie personnelle et bien souvent, également, de l’emploi, ou tout simplement à une phase de la session trop ardue.

Si ces moments-là peuvent sembler sombres et interminables, les solutions qui s’offrent sont tout de même connues de tous.
C’est pour cette raison que j’ai choisi des couleurs plus claires pour le quatrième portrait : même s’il paraît parfois impossible de dénouer une situation particulièrement stressante,  la lumière revient toujours… et on se permet l’ébauche d’un sourire."

 

Série sans titre (2011)